l’éco-pâturage

Nous avions déjà parlé sur ce blog des zones humides et des zones Natura 2000.

Ces zones sont certes à protéger et les interventions de l’homme doivent y avoir le moins d’impact possible, mais ça ne les dispensent pas d’entretien. Nous nous sommes alors penchés sur l’écopâturage vu ses multiples avantages

  • Lutte contre la fermeture des milieux naturels (lutte contre l’embroussaillement et l’accru forestier).
  • Préservation/restauration de la biodiversité.
  • Valorisation des espaces défavorables à l’agriculture intensive.
  • Lutte contre le risque incendie par l’entretien de pare-feu.
  • Travail sur des zones ou la mécanisation est difficile voire impossible (notamment en zones humides ou très accidentées).
  • Simplification voir suppression de la gestion des déchets verts.
  • Limite les nuisances pour les riverains et la faune locale.
  • Fertilisation naturelles des sols.
  • Un intérêt éducatif et culturel indéniable.

Linitiative étant intéressante, nous nous sommes rapprochés de Amélie VANDENBERGHE, responsable de GREENSheep,  qui a bien voulu répondre à nos questions :

1. Quels sont principalement vos zones d’intervention? Natura 2000? Prairies humides ?

Sur Natura 2000, en zone d’intérêt prioritaire, sur tout type de milieux que ce soit en et hors Zones Humides .
Ce sont bien souvent des zones d’accès difficiles où la conduite des troupeaux peut s’avérer technique et l’usage du chien de berger indispensable.

2. Qui vous commandite pour l’entretien de ces zones? (communes? parcs naturels?)

D’une manière générale, les grands gestionnaires d’espaces naturels.
Cela peut être des associations comme des services de l’Etat.
Nous travaillons par exemple, depuis 2010 aux côtés du Conservatoire d’Espace Naturel de Picardie (CEN/P), premier conservatoire agréé en France et qui gère aujourd’hui plus de 180 sites.

3. Quels animaux faites-vous paître? Un intérêt particulier pour chaque espèce? Inconvénients d’autres espèces qui vous font les écarter (chèvres par ex)?

Nous conduisons des troupeaux ovins et bovins. Tout dépend de la nature du terrain, de la portance offerte par celui-ci et du type de végétation des sites concernés.
Les bovins priment actuellement en Zones Humides en phase de restauration. Cela oblige à un suivi très rigoureux de la portance des terrains. L’emploi d’ovins de races très rustiques n’y est pourtant pas à exclure et nous expérimenterons justement cette solution en 2013.
Concernant les chèvres, leur réputation est souvent assez surfaite notamment concernant l’étendue de leur spectre alimentaire.
C’est de plus un animal pouvant s’avérer difficile à gérer de par sa nature moins grégaire et leur capacité à s’affranchir des exclos (clôtures mises en place pour la sauvegarde d’espèces végétales protégées).
Pour résumer ; si berger est un métier, chevrier en est un autre.

4. Connaissez-vous des initiatives équivalentes dans d’autres régions (je n’ai rien trouvé pour l’Alsace où nous sommes)?

Oui, bien sûr, pour nous il est très important de rappeler sans cesse que nous n’avons strictement rien inventé.
Tous les bergers qui travaillent sur nos montagnes en assurent de facto l’entretien et œuvrent au maintien de ces milieux ouverts et riches en biodiversité que les touristes aiment tant.
Pour le reste, ce qu’on trouve actuellement sous le terme d’ éco-pâturage c’est généralement de la location de moutons ou de chèvres. Mais ce n’est pas ce que nous faisons.

 

5. Si j’ai bien compris, vous menez certains troupeaux et supervisez également des éleveurs engagés dans la démarche ou ceux-ci vous confient carrément les troupeaux?

Voilà, justement, en tant que bergers, nous conduisons les troupeaux qui nous sont confiés par des éleveurs locaux, pour la saison. Sur le fond, ce n’est pas différent d’un système d’estive classique sauf qu’il est systématiquement mis en œuvre dans le cadre de projets à visées environnementales.
C’est le CEN/P qui est à l’origine de ce mode de fonctionnement et nous y sommes très attachés pour 3 raisons principales:
C’est un mode de gestion à l’impact négatif pratiquement nul, notamment comparé aux modes mécanique ou phyto.
C’est ensuite l’occasion de soutenir l’élevage local car le fait que nous prenions en charge tout ou partie de son cheptel, permet à l’éleveur de se concentrer sur d’autres tâches. Cela libère du temps pour d’autres activités sur l’exploitation; certains se recentrent sur les cultures, réalisent des travaux d’aménagement ou augmentent même leurs cheptels.
C’est aussi l’opportunité d’une mise en lumière du métier de berger, souvent méconnu de par sa nature et les zones où il se pratique habituellement. Cette visibilité nouvelle et son aspect « écolo » peuvent être les moteurs d’une reconquête pastorale de zones où cette activité avait disparue.

En fait l’éco-pâturage est bénéfique aux zones protégées et aux éleveurs, il permet la biodiversité et la préservation des sites, c’est une initiative pour laquelle nous avons un gros coup de cœur chez Element 5 !!

Je tiens à remercier Amélie et greensheep pour leur collaboration à l’écriture de ce billet

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